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Sauvetage archéologique de la vallée de l'Aisne

Le programme de sauvetage archéologique de la vallée de l'Aisne est lancé par Bohumil Soudsky en 1972.

L'objectif est d'entreprendre des fouilles systématiques de la vallée afin de reconnaître et d'expliquer les changements du mode de vie et du mode d'occupation à l'échelle du village et de la région, depuis l'installation des premiers paysans sédentaires (5000 av. J.-C.), l'apparition des formations étatiques de l'Age du bronze et surtout de l'Age du fer jusqu’à la fin de l'indépendance gauloise (vers -20) . La zone d'étude de la vallée de l'Aisne mesure 70 km de long sur 20 km de large.

Le contexte des années 1970 était favorable au développement d'un tel programme de sauvetage. En effet, le département de l'Aisne allait être le théâtre de grands travaux (canal, sablières, autoroutes, urbanisation) entraînant de nombreuses destructions archéologiques.

Depuis 1967, la vallée de l'Aisne fait l'objet d'une surveillance systématique par le département de l'Aisne, via l'Office du tourisme. Des fouilles d'urgence ainsi que des prospections aériennes et au sol sont réalisées par Michel Boureux, archéologue départemental, associé à l'URA 12. En 1973, un rapport détaillé est présenté à la Direction de la navigation intérieure établissant un planning de sauvetage archéologique intégré aux grands travaux. L'équipe de l'URA 12 remet également au département de l'Aisne un projet de programme intitulé "Étude du premier peuplement sédentaire de la vallée de l'Aisne dans le cadre de sa mise au grand gabarit". Ce programme entre en fonction au début de l'année 1974. L'intérêt du Service des fouilles se manifeste par la création d'une Commission des fouilles de la vallée de l'Aisne nommée au sein du Conseil supérieur de la recherche archéologique. En 1975, une convention bipartite de cinq ans est signée entre le département de l'Aisne (Conseil général, Comité du tourisme) et le Service des fouilles. L'URA 12 et le Centre de recherches protohistoriques de l'Université de Paris 1 qui assurent l'encadrement scientifique du programme, consacrent une partie importante de leur budget aux études du matériel mais également à l'organisation de stages de formation aux techniques de fouilles. Jusqu'au début des années 1980, l'équipe de la vallée de l'Aisne bénéficie de deux autres sources de crédits : l'Université de Paris 7 subventionne des stages archéologiques ; la Délégation générale à la recherche scientifique et technique finance notamment des programmes de recherche, en particulier pour le traitement informatique des données de terrain, mais aussi des salaires et de l'équipement lourd. En 1985, l'URA 12 remet à la Sous-direction de l'archéologie un rapport intitulé "Propositions pour un programme de sauvetage archéologique régional dans le cadre des exploitations de granulats dans la Vallée de l'Aisne". Ce rapport a pour but de réactualiser le dossier remis en 1973 en tenant compte des acquis du programme de la vallée de l'Aisne mais également de l'évolution de la politique de gestion du patrimoine archéologique et de son financement. Le potentiel archéologique de la vallée (5000 sites dont 40% seulement pouvant être encore étudiés) ainsi que les destructions sont alors évalués. A la suite de ce rapport, une convention annuelle est signée entre la Sous-direction de l'archéologie, l'Association pour les fouilles archéologiques nationales, le département de l'Aisne, la région Picardie et les carriers. Bien que cette convention permette à l'équipe de l'URA 12 un meilleur contrôle des destructions en contexte alluvial et le financement d'une certaine quantité de sauvetages, elle n'offre pas les moyens financiers suffisants. Des conventions supplémentaires sont donc contractées. Depuis 1986, la convention est reconduite. A partir de 1991, une convention annuelle est signée entre l'Association régionale des producteurs de granulats (ARPG) et l’État (Ministère de la culture). Les aménageurs participent alors directement au financement.

Jusqu'à la fin des années 1970, le programme de sauvetage archéologique de la vallée de l'Aisne constitue le principal terrain d'investigation de l'URA 12. Dans les années1990-2000, il représente encore un tiers des investissements de l'unité et regroupe une trentaine de membres.

Le programme de sauvetage archéologique de la vallée de l'Aisne est novateur à plus d'un titre : études de sites sur une grande surface qui ont permis de définir les relations spatio-temporelles d'un ensemble de villages appartenant à la même civilisation pour la première fois en France ; "modernisation" de l'archéologie métropolitaine avec la mise en place de nouvelles méthodes de fouilles : prospection systématique, définition d'une problématique à l'échelle d'une région, collaboration étroite avec les entrepreneurs et les collectivités locales pour insérer les fouilles dans le planning des destructions. A la fin des années 1990, environ 700 sites archéologiques ont été reconnus sur les 70 km de longueur de la vallée. Environ 150 sites ont été fouillés sur une surface d'environ 80 hectares. Un matériel considérable, qui s'échelonnent sur six millénaires du Néolithique au Moyen-Age, a été mis au jour. Ce programme de sauvetage, original et pionnier de par ses approches nouvelles, fait ainsi de la vallée de l'Aisne l'un des secteurs clés de la recherche protohistorique à l'échelle internationale.

Les archives de fouilles et le matériel archéologique sont conservés au Centre archéologique départemental de Soissons.

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