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Mission archéologique française à Tureng Tepe (Iran)

Zone d'identification

Type d'entité

Collectivité

Forme autorisée du nom

Mission archéologique française à Tureng Tepe (Iran)

Forme(s) parallèle(s) du nom

Forme(s) du nom normalisée(s) selon d'autres conventions

Autre(s) forme(s) du nom

Numéro d'immatriculation des collectivités

Zone de description

Dates d'existence

1960-1980

Historique

C'est à la suite d'une campagne de prospection en 1959 que Jean Deshayes (professeur à l'Université de Lyon II puis à l'Université de Paris I) décide d'entreprendre les fouilles du site de Tureng Tepe. En 1931, des investigations avaient déjà été menées sur le site par F.R. Wulsin (American Institute for Persian Art and Archaeology) lors de deux campagnes de sondages.
Tureng Tepe est situé dans la province du Gorgan, au nord-est de l'Iran, près de la frontière avec le Turkménistan. Le site couvre une superficie de 35 hectares et a été occupé pendant plus de 5000 ans. Il est constitué de trois tells (ou tepes) : le Grand Tepe au nord-ouest, le Petit Tepe un peu plus à l'ouest et le Tepe Sud dans la partie méridionale, l'ensemble étant séparé par un lac. La partie est du site est occupée par un village moderne alors que son cimetière est situé au nord du Grand Tepe.
Sous la direction de Jean Deshayes, la mission archéologique française à Tureng Tepe débute les recherches en 1960. L'objectif est alors de mieux comprendre les relations entre le monde iranien et les cultures des régions situées à l'est de la mer Caspienne, relations qui avaient été révélées par les travaux de E. Schmidt (Université de Pennsylvanie) lors des fouilles de Tepe Hissar dans les années 1930. Douze campagnes de fouilles seront conduites par la mission française jusqu'en 1977, chaque année entre 1960 et 1964 puis tous les deux ans à partir de 1965. Des sondages seront ouverts sur le Petit Tepe et le Tepe Sud alors qu'une fouille extensive sera menée sur le Grand Tepe. La partie est du site ainsi que la zone située au nord du Grand Tepe ne seront pas explorées en raison de la présence du village actuel et du cimetière.
Durant les six premières campagnes, entre 1960 et 1965, les travaux se concentrent sur les secteurs du Petit Tepe et du Tepe Sud. En 1960, deux sondages A et B, destinés à explorer la stratigraphie du site, sont ouverts sur la partie nord du Petit Tepe. Alors que les fouilles du sondage B sont arrêtées à la fin de la campagne de 1962, celles du sondage A se poursuivent jusqu'en 1965 lorsque les fouilleurs atteignent la nappe phréatique. Les travaux sur le Tepe Sud débutent en 1962. Un premier sondage (sondage C) est alors ouvert dans la partie est du tepe afin de vérifier la situation de trouvailles fortuites. Puis, en 1963, dans le but d'explorer une éventuelle enceinte du site, l'équipe ouvre deux sondages en bordure sud du tepe : les sondages D et E. Contigu à ce dernier, un nouveau sondage est ouvert en 1969. C'est à cette date que s'arrêtent les fouilles sur le Tepe Sud, mis à part le dégagement d'un four en 1973. Sur le Petit Tepe, de nombreuses tombes sont mises au jour. Les recherches menées dans ces deux secteurs, Petit Tepe et Tepe Sud, permettront à Jean Deshayes et son équipe d'établir une chronologie pour les périodes néolithique, chalcolithique et de l'âge du bronze. Mais celle-ci ne sera clairement définie qu'au terme de la onzième campagne, en 1975, après cinq années de fouilles sur le Grand Tepe. Les fouilles de ce secteur débutent en 1967 et se poursuivront durant 10 années, à raison d'une campagne tous les deux ans. Après une série de sondages stratigraphiques menés pendant deux campagnes, une fouille extensive commence en 1971, au sommet du Grand Tepe, là où un fort sassanide avait été découvert. La même année débutent les fouilles de la terrasse qui forme la base du Grand Tepe. A partir de 1973, les fouilles sont réparties en trois secteurs :


  • Le secteur situé au sommet du Grand Tepe où sont dégagés le fort sassanide, des vestiges du VIIe siècle, au tournant des époques sassanide et islamique (fosses creusées dans les ruines du fort, habitat dans la partie nord-est, Temple du feu au nord-ouest) , des fosses d'époque abbasside (VIIIe-Xe s.) , des tombes, un mur d'enceinte et des fosses dont la chronologie s'échelonne entre les XIe et XIXe siècles.
  • Le secteur de la terrasse et des bâtiments qui lui sont associés, situé à la base du Grand Tepe sur sa face sud. Ces vestiges sont datés de l'âge du bronze, période déjà reconnue dans tous les sondages ouverts sur le Petit Tepe et le Tepe Sud.
  • Les niveaux intermédiaires, situés sur les pentes sud et ouest, dégagés à partir de 1975 lors des deux dernières campagnes de fouilles. Des vestiges de l'âge du fer à la période parthe sont mis au jour et en particulier une forteresse d'époque achéménide.

Après quinze années de recherches à Tureng Tepe, Jean Deshayes et son équipe établissent le cadre chronologique de l'occupation du site, de la période néolithique à la période islamique. Le système de notation adopté est inspiré de celui défini par E.F. Schmidt pour Tepe Hissar. Chaque période est ainsi représentée par un chiffre romain (de I à IX) puis subdivisée par des lettres majuscules et éventuellement des chiffres arabes. On notera que ces indications apparaissent très fréquemment pour identifier les documents : on les trouve en légendes de photographies par exemple, mais aussi dans les inventaires et dans les études typologiques du matériel céramique.
Seule la période I (néolithique) n'a pas été reconnue par les fouilles car elle se situe sous le niveau de la nappe phréatique. Elle se trouve cependant attestée par la présence de tessons peints trouvés sur tout le site.
La période II (chalcolithique) a été reconnue dans le sondage A (Petit Tepe).
La période III (Age du bronze) a été révélée dans tous les sondages ouverts sur le Petit Tepe et le Tepe Sud. Elle est subdivisée en trois phases (A, B et C1) qui correspondent à celles définies pour Tepe Hissar. C'est à la phase III C1 qu'appartient la terrasse qui forme la base du Grand Tepe. La phase III C2 n'a été reconnue qu'à Tureng Tepe dans les sondages A et E.
Les périodes IV et V correspondent à l'Age du fer et à la période parthe. La phase IV A, reconnue sur la pente sud du Grand Tepe, est équivalente au Fer II iranien occidental, tandis que la phase IV B correspond au Fer III iranien occidental. Les vestiges correspondants ont été découverts dans les sondages A et B du Petit Tepe et sur la pente Sud du Grand Tepe. La forteresse achéménide mise au jour sur le Grand Tepe dans le secteur des niveaux intermédiaires définit la phase V A. La phase V B, représentée au même endroit, correspond à la période parthe ancienne. Enfin, la phase V C est équivalente à la période parthe.
Les vestiges découverts au sommet du Grand Tepe (cf. supra) ont permis de définir les périodes suivantes : VI (sassanide) ; VII A-B (tournant des époques sassanide et islamique) ; VII C (abbassides).
La période VIII qui correspond aux époques pré-mongole (fin XIIe - début XIIIe siècles) et mongole (XIIIe - début XIVe siècles) a été reconnue dans les sondages D et E sur le Tepe Sud.
Enfin, la période IX, dont les vestiges sont localisés au sommet du Grand Tepe, s'étend du XIe au XIXe siècles.

Le décès de Jean Deshayes en 1979 interrompt les recherches sur le site. L'équipe décide alors, dès 1980, d'entreprendre la publication des résultats. Un groupe de travail, regroupant une partie des fouilleurs, est donc constitué. Il sera dissout en 1985. Seuls, les niveaux supérieurs du Grand Tepe, des époques sassanides et islamiques (IIIe s. av. J.-C. - XIVe s. ) seront publiés en 1987 : il s’agit du volume 1 des fouilles, fondé sur le cadre chronologique établi par Jean Deshayes.

Afin de mener à bien ses travaux, la mission archéologique française a bénéficié de l'appui technique et administratif du Centre iranien de recherche archéologique. Le financement des opérations de terrain et de publication a été obtenu auprès de la Direction générale des relations culturelles (Ministère des affaires étrangères), du CNRS (dans le cadre de l'Unité de recherche associée 30 du Centre de recherches archéologiques) et de l'Université de Paris I (Centre de recherches d'archéologie orientale). Le matériel issu des fouilles a été déposé au musée de Téhéran.

Lieux

Statut juridique

Fonctions et activités

Textes de référence

Organisation interne/Généalogie

Contexte général

Zone des relations

Zone du contrôle

Identifiant de la description

FRAEPMSHRG-MAFTT

Identifiant du service responsable de la description

Règles et/ou conventions utilisées

Niveau d'élaboration

Niveau de détail

Dates de production, de révision et de suppression

Langue(s)

Écriture(s)

Sources

Notes relatives à la mise à jour de la notice